France Culture : une question de crédibilité

Ce tract n’aurait pas dû exister.
Radio France dispose de multiples chartes et règles qui encadrent les pratiques professionnelles, notamment pour la production de l’information. Ces engagements, destinés à garantir la qualité de nos antennes et sites, les journalistes des différentes chaînes s’astreignent à les appliquer au quotidien.

L’actuel producteur des Matins de France Culture s’est permis de les piétiner le 24 juin, de multiples manières et notamment en diffusant à l’antenne un montage malhonnête, contre l’avis de sa propre équipe, sans mentionner son origine. Il ne s’agit pas d’une erreur que l’on peut évacuer d’un « oups »,  ou d’un mot d’excuse.

D’autant que ce producteur a multiplié les sorties contestables ou choquantes: il y a eu le plus que douteux « Je suis Charlie Kirk » lancé lors d’un billet ; des échanges partisans avec ses invités autour des violences sexuelles (à l’occasion de la mort de la petite Lyhanna) ou autour de l’antisionisme (à l’occasion de la panthéonisation de Marc Bloch). Et un dernier billet comparant les élèves de seconde en stage à Radio France à une invasion d’insectes – sous couvert d’humour bien évidemment.

L’épisode du 24 juin pose aussi clairement la question de l’organisation de la matinale de France Culture, notre seule matinale d’actualité à relever d’un producteur et non d’une rédaction.

Si le SNJ Radio France s’exprime aujourd’hui sur ce cas individuel, ce qui n’est pas dans nos habitudes, c’est en raison de ses conséquences pour l’ensemble de l’entreprise.

Nous étions convaincus que la direction prendrait les décisions nécessaires pour limiter les dégâts causés à notre réputation. Une semaine plus tard, elle ne l’a toujours pas fait. Cette absence de réaction à la hauteur est un problème en soi, et rend ce tract nécessaire.

A quoi bon multiplier les principes, si c’est pour ne pas les appliquer ? Et cette application doit évidemment commencer par les voix les plus exposées : plus que d’autres, elles représentent Radio France et ses rédactions.

Dans d’autres situations, la direction n’a pas hésité à prendre des mesures rapides et publiques. C’est ici indispensable et urgent, pour protéger notre crédibilité collective, et le travail de tous et toutes. Radio France ne peut pas se permettre de laisser passer de tels manquements sans conséquence.

France Culture : une question de crédibilité