Attaques contre l’audiovisuel public : les journalistes de Radio France doivent pouvoir travailler sereinement

Cette fois, c’est avec le magazine Le Point que l’Institut Thomas More s’attaque au travail des journalistes de Radio France. Dans un nouveau rapport basé sur l’intelligence artificielle (le troisième en moins de deux ans !), cette officine, qui affiche clairement son parti pris, épluche certains journaux et programmes de nos radios. Quand on en est réduit à utiliser des IA pour tenter de démontrer ses fantasmes sur l’audiovisuel public, c’est qu’on touche le fond. Le postulat selon lequel une IA serait « neutre », dégagée des biais humains, donc à même de juger objectivement notre travail, ne tient pas une seconde puisque l’outil suit des instructions formulées par des humains dans un but précis.

Après la précédente étude de Thomas More, qui mettait notamment en cause les rédactions d’Inter, Info et Culture, le SNJ avait dénoncé un véritable fichage politique des journalistes. Nous avions dans la foulée mis en demeure Thomas More de se conformer au RGPD. L’organisation s’est exécutée en retirant les noms des journalistes qui avaient donné mandat au SNJ pour cette démarche… et tous les autres noms au passage. Nous ne pouvions pas laisser passer ce franchissement de ligne rouge. Et, si elle a bien peu de chance d’aboutir et qu’elle est bien tardive, la démarche engagée par Radio France auprès de la CNIL devrait au moins forcer le régulateur à se pencher sur le sujet.

Une commission d’enquête dévoyée

La répétition de ces rapports en dévoile évidemment l’objectif : alimenter ceux qui veulent, pour des raisons politiques, affaiblir l’audiovisuel public. C’est d’évidence le cas du rapporteur de la Commission d’enquête sur l’audiovisuel public en cours à l’Assemblée nationale. Sa méthode consistant à cibler les défauts prétendus d’une émission ou d’un reportage et à livrer des personnes à la vindicte pour mettre en cause leur professionnalisme est tout bonnement indigne. En sélectionnant ce qui confirme ses préjugés, ce procédé occulte des milliers d’heures de programmes qui précisément forment, ensemble, une offre pluraliste. Il est temps que ça cesse ! En attendant, le SNJ apporte son soutien au personnel de Radio France ainsi pris à partie.

Avec les autres syndicats, le SNJ Radio France a pu constater lors de son audition à quel point cette commission s’est éloignée de son objet. Au moins fut-ce l’occasion de défendre le travail des journalistes de Radio France, de rappeler comment nous travaillons et pourquoi nous existons. L’occasion aussi de tordre le cou aux mythes sur notre temps de travail, entretenus notamment par la Cour des comptes, avec ces faits : les journalistes de Radio France travaillent un peu plus que la moyenne des Français salariés qui est à 1 661 heures par an.

L’occasion encore de redire combien le projet de holding/fusion -qui ne manquera pas de ressortir- ne ferait que réduire le pluralisme… un comble au moment où la commission estime que nous en manquons dans l’audiovisuel public !

Face à une Commission d’enquête transformée en entreprise de destruction, tout comme devant l’Institut Thomas More, le SNJ défend le travail et l’honneur des journalistes de Radio France, conscients et respectueux de la mission de service public qui leur est confiée.

Attaques contre l’audiovisuel public : les journalistes de Radio France doivent pouvoir travailler sereinement