En grève contre la fusion-démantèlement voulue par Rachida Dati

Il n’y a plus de doute possible sur les véritables intentions de la ministre de la Culture et du gouvernement. L’objectif de son projet de réforme est bien une fusion-démantèlement de l’Audiovisuel public, façon puzzle.

Toutes nos craintes sont confirmées par l’étude d’impact du projet, réclamée depuis des mois et des mois par les parlementaires et opportunément rédigée par le ministère de la Culture à quelques jours du passage du texte en commission des affaires culturelles de l’Assemblée, prévue mardi 1er avril.

Une holding qui ne coûte rien ?

On peut y lire, sans que ce soit de l’humour, que « la constitution de la holding en elle-même occasionnera un coût nul ». C’est bien sûr un mensonge éhonté, et les moyens nécessaires à une telle structure seront inévitablement soustraits aux entreprises de l’audiovisuel public !

Mais surtout, ce document révèle comment le ministère de la Culture imagine notre futur, et permet de déduire les bouleversements, les désorganisations, les suppressions de postes et les reculs sociaux qui l’accompagneraient à moyen terme. Il est ainsi question de :

  • Créer une filiale pour « réunir les réseaux France 3 et ici », avec une ligne « éditoriale coordonnée », des co-diffusions d’antenne, du partage des moyens techniques et du travail en commun.
  • Créer une filiale pour « renforcer l’intégration du média global/ France info », pour renforcer la coordination accrue de la ligne éditoriale. Des rapprochements géographiques sont envisagés, ce qui nous prédit la création d’une rédaction unique et la fin de nos spécificités au profit de l’uniformité.
  • Regrouper les équipes supports (DRH, finances, gestion immobilière…) pour plus d’efficience – comprendre : économies.

Dans la prose de cette étude, les mots-clés sont « efficacité », « regroupement » et « polyvalence », notamment des journalistes. Ce qui nous garantirait à tous des heures sombres et des moments
difficiles, facteurs de nette augmentation des risques psychosociaux… un sujet que l’étude d’impact n’aborde même pas.

Des années de souffrance pour le personnel

C’est d’autant plus grave dans le contexte de baisse draconienne de nos budgets, qui risque de s’accentuer encore vu les réorientations des priorités de l’Etat. Même si la loi prévoyait de flécher un pourcentage du budget vers la radio pour éviter que la télévision ne nous siphonne, il ne servirait à rien compte tenu de l’étranglement financier qui nous attend.

Pour ceux et celles qui en doutaient encore, la holding ne serait donc pas moins douloureuse que la fusion. C’est ce que les parlementaires doivent entendre, notamment ceux qui étaient
jusqu’ici contre la fusion, mais qui se seraient bien laissés tenter par la holding.

Il est clair que Radio France va disparaître si nous ne faisons rien.
Il est clair que notre métier de journaliste radio va disparaître.
Il est clair qu’il faut réagir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.

Pour toutes ces raisons, envoyons un signal fort aux membres de la Commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale qui se réunissent pour examiner la proposition de loi ce 1er avril.
La grève contre le projet de holding-fusion de l’audiovisuel doit être massive, nous ne laisserons pas ce gouvernement détruire Radio France.

En grève contre la fusion-démantèlement voulue par Rachida Dati