France Télévisions saborde les matinales filmées d’ICI, près de 50 éditeurs visuels vont perdre leur travail
La direction annonce ce jeudi, en CSE et dans les stations, la fin du contrat avec Eden, qui emploie les éditeurs-trices visuelles, car France Télévisions réduit ses budgets. En conséquence, tous leurs contrats ne seront pas renouvelés à l’issue de la saison : 41 éditeurs visuels, plus les remplaçants, vont se retrouver sans travail.
Le SNJ n’a jamais été enthousiaste devant ce programme sous-traité (on voit quelles conséquences cela a aujourd’hui) et devant son principe même. Filmer une tranche entière change la façon de faire de la radio, et alimente l’idée que l’audio est inférieur à la télévision, que c’est forcément mieux avec l’image. Leur mise en place a nécessité des investissements importants (payés par FTV) pour adapter les studios, aménager les régies, former les équipes.
Aujourd’hui ces matinales filmées sont ancrées dans notre quotidien, et apprendre que France Télévisions les remet en cause pour faire des économies nous scandalise.
D’abord, pour nous, les journalistes éditeurs visuels ne sont pas une variable d’ajustement. Ils sont, pour certains, dans nos rédactions depuis six ans, renouvelés de grille en grille avec des contrats précaires. Nous travaillons avec eux au quotidien, nous ne pouvons pas accepter de les voir mis à la porte. Nous considérons qu’ils et elles sont des nôtres.
Un « plan social » et des bouleversements
La direction assure qu’elle va s’occuper d’eux, en lien avec France Télévisions, mais il est évident qu’aucune des entreprises n’a près de 50 postes à pourvoir – d’autant moins que le but affiché est de faire de très importantes économies.
C’est l’équivalent d’un plan social qui se prépare au cœur des locales de Radio France, avec le départ forcé des éditeurs visuels. Nous ne pouvons nous y résoudre.
Ensuite, Radio France annonce son intention de poursuivre les matinales filmées, en les produisant elle-même, pour une diffusion sur France 3 et les canaux numériques, et… moins cher, forcément. La version actuelle représentait déjà un record de prix à la minute, comment faire encore moins cher, sans impact majeur sur le résultat à l’antenne et les conditions de travail des équipes d’ICI ? Avec quelle édition visuelle, assurée par qui, dans quelles conditions ? Avec quelles images ?
Nous, journalistes de Radio France, devons nous préparer à peser dans l’élaboration du nouveau projet – à commencer par ne pas se précipiter pour renouveler des autorisations de droit à l’image, dans l’ignorance de l’usage qui en sera fait.
L’improvisation et l’urgence n’ont jamais été de bonnes conditions pour mener des projets à grande échelle. Nous craignions donc le pire pour cette « nouvelle version » de la matinale filmée cheap. Surtout, ce bouleversement des matinales filmées risque de remettre en cause profondément la nature de la plupart de nos métiers. Pour le SNJ, il n’est pas question de laisser tout le réseau devenir un sous-traitant à bas coût de France Télévisions.
