Les journalistes de Radio France très largement mobilisés contre le projet de holding-fusion

Ce mardi 72% des journalistes de Radio France sont en grève ! Le message est assez clair : les rédactions de Radio France ne veulent pas de la casse de l’audiovisuel public qu’orchestrent la ministre Dati et le sénateur Lafon. Comme en juin dernier, ce mardi, les journalistes ont massivement cessé le travail alors que les députés examinent ce projet de holding-fusion en commission des affaires culturelles de l’Assemblée. Dans cette mobilisation déterminée, il faut voir l’attachement des rédactions à la radio de service public tout autant qu’à leur métier d’informer au service des citoyens.

Les auditeurs sont donc privés de leurs rendez-vous habituels depuis ce matin. Toutes les chaînes sont touchées, que ce soit à France Inter, France Info, France Culture, à Mouv, ou dans les locales « ici » de Radio France », où 41 des 44 antennes sont muettes ou perturbées par la grève, malgré les tentatives pour masquer le mouvement, comme à France Info. C’est toute cette diversité de contenus d’information, de musique de programmes, à la radio comme sur le numérique, que ce projet risque de détruire.

Refus de devenir des sous-traitants

Avec cette holding, il n’y aurait plus qu’un seul PDG, patron superpuissant mais très fragile. Fragile, car il serait plus exposé aux tentatives de déstabilisation et aux menaces sur notre indépendance éditoriale ; plus puissant car c’est lui qui arbitrerait, seul, les budgets entre la radio et la télévision, au moment même où l’État multiplie les coups de ciseaux par dizaines de millions d’euros. Les conséquences seraient désastreuses pour la radio qui devrait mendier pour avoir simplement le droit de survivre… alors que nos antennes et podcasts n’ont jamais été autant plébiscités par le public !

Et au quotidien, cette holding ferait de nous des journalistes cantonnés dans un rôle de sous-traitants, bons pour faire du « reportage » en reprenant les interviews de la télévision. Ça, les rédactions n’en veulent pas ! Or, avec la filialisation annoncée de France Info et du réseau de radios locales ici, c’est bien le projet.
Restons focalisés sur nos missions

Oui la France doit disposer d’un audiovisuel public solide, face à la multiplication des fakenews et des ingérences sur les réseaux sociaux qui menacent notre démocratie ! Mais le projet Dati-Lafon le fragiliserait au contraire. Passer des années à regrouper, fusionner, renégocier les accords, partager une ligne éditoriale, trouver des économies de structure ne ferait que nous éloigner de nos missions et de nos responsabilités.

Des députés commencent à le comprendre ; poursuivons nos efforts de persuasion, pour que, un à un, ces députés lucides soient la majorité et fassent entendre la voix de nos auditeurs, qui sont aussi leurs électeurs.

Les journalistes de Radio France très largement mobilisés contre le projet de holding-fusion